Archéologie

Protection et mise en valeur du site à pétroglyphes de Qajartalik (JhEv-1)

< page précédente

Depuis 1996

Vue générale, secteur B du site JhEv-1, vers l’ouest, 2004

Vue générale, secteur B du site JhEv-1, vers l’ouest, 2004

Depuis 1996, l’Institut culturel Avataq participe activement à l’étude et à la mise en valeur du site à pétroglyphes de Qajartalik, et également à l’élaboration d’un plan de protection à long terme du site.

Description du site

Le site archéologique où se trouve les pétroglyphes (JhEv-1), est situé à l’extrémité nord-est de l’île Qikertaaluk, sur une petite péninsule nommée Qajartalik, ce qui signifie en Inuktitut « où il y a un kayak ». L’île Qikertaaluk est située à environ une quarantaine de kilomètres au sud-est de la communauté de Kangirsujuaq.

Le site a la forme d’une cuvette et fait environ 130 mètres de long. Il est traversé par des affleurements de stéatite dans son axe est-ouest. Ces affleurements ont été utilisés pour deux activités principales: d’une part, la production de pétroglyphes; et d’autre part, l’extraction de blocs de stéatite nécessaires à la confection des lampes et des contenants.

Le site JhEv-1 n’est pas directement daté. Toutefois, la ressemblance stylistique des pétroglyphes à l’art mobilier dorsétien, ainsi que les indices archéologiques recueillis sur l’utilisation de la carrière de stéatite, démontrent une exploitation durant le Dorsétien.

Pétroglyphes combinés à une zone d’extraction de stéatite, 2004

Pétroglyphes combinés à une zone d’extraction de stéatite, 2004

Vue générale du secteur B, vers l’est, 2004

Vue générale du secteur B, vers l’est, 2004

Les pétroglyphes

Les pétroglyphes de Qajartalik sont une manifestation unique de l’expression visuelle des Dorsétiens. C’est seulement à cet endroit qu’ils ont transposés à grande échelle et dans la stéatite les sculptures figuratives qui apparaissent généralement sur des fragments d’os, d’ivoire ou d’andouiller.

Au début des années ’60, Bernard Saladin d’Anglure a identifié 95 gravures à Qajartalik (Saladin d’Anglure 1962). Par la suite, au cours de ses expéditions sur le site de 1996 à 1998, Avataq a pu porter le nombre de pétroglyphes observés à 165, dont certains sont visibles seulement avec un éclairage favorable. La majorité des pétroglyphes possèdent des attributs anthropomorphiques, sans toutefois représenter spécifiquement une figure humaine.

Pétroglyphe représentant une figure aux extrémités du haut pointues et au bas arrondi, 2004

Pétroglyphe représentant une figure aux extrémités du haut pointues et au bas arrondi, 2004

Pétroglyphe de forme rectangulaire avec un léger arrondissement au menton; cette gravure possède un contour piqueté plutôt que gravé, 2004

Pétroglyphe de forme rectangulaire avec un léger arrondissement au menton; cette gravure possède un contour piqueté plutôt que gravé, 2004

Pétroglyphe représentant une figure allongée avec front proéminent qui se termine de chaque côté de la figure en pointes étroites; le bas du figure présente une forme ovale. Les projections sous le menton pourraient représenter le souffle chamanique. Le contour blanchâtre indique un «rafraîchissement» plutôt récent de la gravure, 2004

Pétroglyphe représentant une figure allongée avec front proéminent qui se termine de chaque côté de la figure en pointes étroites; le bas du figure présente une forme ovale. Les projections sous le menton pourraient représenter le souffle chamanique. Le contour blanchâtre indique un «rafraîchissement» plutôt récent de la gravure, 2004

La conservation du site

Depuis dix ans, l’Institut culturel Avataq travaille pour que le site de Qajartalik soit reconnu comme patrimoine mondial par le gouvernement fédéral. Le site est unique en soi et vu sa fragilité et sa richesse, il doit être protégé. Il est donc important qu’une législation soit appliquée pour qu’il n’y ait plus de vandalisme ou toute autre activité pouvant nuire à sa préservation. L’entente intervenue en 2008 entre les Inuits du Nunavik, le Nunavut et le Gouvernement fédéral concernant la propriété des îles côtières du Nunavik nous permet enfin de relancer le dossier de la reconnaissance de Qajartalik auprès de la Commission des Lieux et monuments historiques du Canada. Cette reconnaissance devrait être officielle au début de 2010.

Collecte de données : transfert des gravures sur papier non acide par la technique du frottis, 1996

Collecte de données : transfert des gravures sur papier non acide par la technique du frottis, 1996

Collecte de données : prise de photo, 2004

Collecte de données : prise de photo, 2004

Voir la collection de pétroglyphes [lien vers la collection]

Contact : Daniel Gendron et Louis Gagnon